François, devenu sans-abri et bénévole au service des autres

Une nouvelle vie difficile : coupé de ses droits au centre d’hébergement

François, ancien directeur de magasins de prêt-à-porter au Sénégal, avait tout pour réussir. Après avoir étendu ses affaires en Mauritanie, il s’installe en Italie en 2009, pays de la mode, où il rencontre sa future épouse. Les années qui suivent sont heureuses.

En 2024, après une séparation, il quitte le domicile conjugal pour vivre chez un ami dans le Rhône. Son titre de séjour arrive à expiration. À la Préfecture du Rhône, contrairement à la Préfecture de l’Isère, l’autorisation de travail n’est plus délivrée automatiquement. Sans emploi, sans logement après le départ imprévu de son logeur, il se retrouve sans-abri.

« Je vivais paisiblement, et d’un coup, tout m’a été bloqué : mon travail, mon argent. Cela a été très difficile, je ne pouvais plus rien faire. Je me suis senti abandonné. »

Ses économies lui permettent de tenir un mois à l’hôtel. Grâce à une assistante sociale, la Maison de la Veille Sociale l’oriente vers La Calade, centre d’hébergement du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri à Villefranche. Lorsqu’il visite les lieux, il déchante : « Ce n’est pas pour moi. » Après réflexion, il accepte pourtant cette solution.

Une fois sur place, ce qui lui manque le plus, ce sont des personnes à qui parler.

Centre d’hébergement La Calade à Villefranche

Vers l’acceptation : écoute, spiritualité et bénévolat

« On n’a pas vu tout de suite que François avait soif de liens, de philosophie, de spiritualité. Quand on l’a compris, on a pris le temps d’avoir ces temps d’échanges avec lui. »

Se souviennent Claire, responsable adjointe du site, et Aurélie, travailleuse sociale du Foyer.

« Tu as besoin de conversation dans la vie. Là, j’étais entre quatre murs. Heureusement que j’ai rencontré cette équipe et qu’elles ont été là pour moi pendant ces années », avoue François.

Claire ajoute :

« Prendre le temps de discuter, de tisser du lien avec les personnes que l’on accompagne, cela fait partie de notre accompagnement social et c’est très important, tant pour la personne que pour nous. Ça nous aide à l’accompagner au mieux ».

La vie en collectif et la dépendance aux aides pèsent sur lui, et nourissent un sentiment d’injustice et de colère. Pourtant, après chaque moment de saturation, François cherche des solutions.

« Son sens de la justice nous a poussés à nous questionner et à améliorer certaines de nos pratiques », déclare Aurélie.

Sa foi joue un rôle essentiel dans son chemin vers l’acceptation, elle l’aide à voir sa nouvelle vie autrement, à dépasser ses préjugés, le pousse à devenir meilleur.

« Je ne supporte pas de voir quelqu’un dans le besoin. Je suis persuadé que ce n’est pas le hasard si je suis passé par ici : Dieu voulait me faire rencontrer certaines personnes », confie-t-il.

C’est ainsi qu’il propose de devenir bénévole à l’accueil de jour, situé juste à côté de La Calade. « C’est le seul qui a aidé l’équipe comme il l’a fait », soulignent ses accompagnatrices.

En 2026, François obtient enfin son titre de séjour. Il travaille de nouveau dans la logistique et recherche activement un appartement. Son parcours prouve que l’arrêt des droits n’est pas une fin, mais une étape vers la reconstruction.



L’action du Foyer pour l’accompagnement des personnes en situation de grande précarité

Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri accompagne chaque année plus de 10 450 personnes en difficulté dans le Rhône. Découvrez comment l’association agit pour l’accueil, l’hébergement, l’accompagnement et l’insertion professionnelle des personnes en situation de précarité.

Aller plus loin avec Le Foyer