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Comment aider les personnes sans-abri : tous concernés
3 000 personnes dorment dans les rues de la Métropole de Lyon en 2024, parmi elles, 400 enfants. C’est 5 fois plus en 2 ans.
La situation des personnes sans-abri en France est une réalité préoccupante qui nécessite l’engagement de chacun. Face à ce constat alarmant, il est essentiel de comprendre les enjeux du sans-abrisme pour agir efficacement. Découvrons ensemble comment comprendre cette réalité et contribuer concrètement pour aider les personnes en situation de grande précarité.
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Comprendre la réalité des personnes sans-abri
Qui sont les personnes sans-abri ? Définitions et profils
Une personne sans-abri est celle qui dort dans un lieu non prévu pour l’habitation (rue, métro, parking). Cette situation représente la forme la plus visible du sans-abrisme, mais ne constitue qu’une partie des personnes sans domicile, qui peuvent également être hébergées en centres d’urgence ou logements temporaires.
Les profils sont variés : hommes isolés (majoritaires), femmes (38% des sans domicile mais seulement 5% des personnes vivant à la rue), familles avec enfants, et jeunes en errance. Ce sont également des femmes ou des enfants qui ont pu être victimes de violences, en souffrance psychique voire psychiatrique, des anciens enfants placés, des chômeurs de longue durée, des personnes en exil, avec ou sans papiers…
Contrairement aux idées reçues, 25% des personnes sans-abri ont un travail, souvent précaire, qui ne leur permet pas d’accéder à un logement stable.

© Didier Marpot

Chiffres clés du sans-abrisme en France
Selon la Fondation pour le Logement et le Collectif Jamais sans toit (2024).
300 000
personnes
sont sans domicile fixe en France métropolitaine (x2 depuis 2012)
400
enfants
dorment dans les rues de la métropole de Lyon (x5 en seulement deux ans)
L’espérance de vie des personnes sans-abri est dramatiquement réduite : 49 ans en moyenne contre 82 ans pour la population générale.
Les causes du sans-abrisme : ruptures, précarité, santé, isolement
Le sans-abrisme résulte généralement d’une accumulation de ruptures et de difficultés :
- Problèmes familiaux et ruptures de liens sociaux (séparations, deuils)
- Difficultés économiques et précarité professionnelle
- Problèmes de santé, notamment mentale et addictions
- Absence de logements sociaux abordables et crise du logement
- Sortie d’institution sans accompagnement (hôpital psychiatrique, prison)
Selon l’Institut National d’Études Démographiques, 40% des personnes sans-abri n’ont recours à aucune prestation sociale, aggravant leur situation d’exclusion.
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Les besoins essentiels des personnes sans-abri

Se nourrir et se soigner
L’accès à une alimentation régulière représente un défi quotidien pour les personnes sans-abri. Les carences nutritionnelles affaiblissent leur santé déjà fragilisée par la vie à la rue.
Les problèmes sanitaires sont nombreux : maladies respiratoires, dermatologiques, problèmes dentaires, et difficultés d’accès aux soins malgré l’existence de dispositifs d’aide. Les difficultés liées aux addictions et troubles psychiques nécessitent également une prise en charge et un accompagnement adapté.

Se loger et se protéger
Le besoin de protection contre les intempéries et les agressions est primordial. Les centres d’hébergement d’urgence offrent un abri temporaire mais ne constituent pas une solution durable face au droit au logement inscrit dans le code social.
L’accès à l’hygiène (douches, toilettes, laveries) est également crucial pour préserver sa dignité et sa santé, services proposés dans les accueils de jour comme ceux du Foyer Notre-Dame des Sans-Abri qui dispose de cinq structures de ce type dans le Rhône.

Maintenir le lien social
L’isolement est l’une des conséquences les plus destructrices du sans-abrisme. La majorité des personnes sans-abri ressentent le rejet des passants, aggravant leur sentiment d’exclusion sociale et d’isolement.
Le maintien du lien social est pourtant essentiel pour leur inclusion dans notre société. L’écoute et la reconnaissance sont souvent les premières demandes exprimées par les personnes sans domicile, avant même l’aide matérielle.
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Comment agir concrètement pour aider une personne sans-abri
Les bons réflexes à adopter au quotidien
Face à une personne sans-abri, le premier geste consiste simplement à reconnaître sa présence : un regard, un sourire, un bonjour peuvent briser l’invisibilité sociale qu’elle ressent. Cette reconnaissance de l’autre est le fondement de toute aide véritable. Vous pouvez même aller plus loin en vous présentant, en échangeant quelques mots, voire en lui proposant de l’aide
Respectez toujours le choix de la personne d’accepter ou non votre aide. L’autonomie et la dignité sont des valeurs essentielles à préserver, même dans les situations de grande précarité.
Demandez si la personne à besoin de quelque chose : elle n’aura peut-être pas les mêmes besoins ou envies que ceux que vous avez en tête
L’écoute est primordiale : prendre le temps d’échanger quelques mots peut avoir un impact considérable sur le moral d’une personne isolée.
Alerter et orienter vers les dispositifs adaptés (115, maraudes, associations)

© Véronique Védrenne
En cas d’urgence ou de détresse visible :
- Appelez le 115, numéro d’urgence gratuit pour les sans-abri, qui coordonne les places d’hébergement disponibles
- Signalez la situation aux maraudes locales (Samu social, Croix-Rouge)
- Orientez vers les accueils de jour proposant services d’hygiène, repas et accompagnement social
- Appelez le 18, numéro des pompiers ou le 15, numéro du Samu en cas de problèmes de santé graves
Retrouvez dans les pages «Je trouve de l’aide» toutes les informations utiles : bonnes pratiques, dispositifs, contacts utiles à une personne sans-abri.
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S’engager durablement contre le sans-abrisme

Devenir bénévole ou salarié
Faire du bénévolat auprès d’associations comme Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri permet d’agir concrètement en faveur des personnes en difficulté. Près de 1 000 bénévoles sont engagées dans diverses missions : accueil, distribution alimentaire, accompagnement social, ou soutien administratif.
Travailler dans le secteur social offre également des opportunités professionnelles pour ceux qui souhaitent s’investir pleinement dans la lutte contre le sans-abrisme.

Soutenir une association ou un dispositif local
Devenir partenaire d’une association peut prendre différentes formes : dons financiers, dons en nature, mise à disposition de locaux ou de compétences. Ces soutiens permettent de mener des projets innovants comme les villages de tiny houses qui offrent un logement digne aux personnes en difficulté.
Le mécénat en association permet aux entreprises de s’engager dans des projets d’innovation sociale tout en bénéficiant d’avantages fiscaux. En 2024, plus de 105 mécènes soutiennent Le Foyer dans ses missions.

Sensibiliser et lutter contre les préjugés
Informer son entourage sur la réalité du sans-abrisme contribue à changer le regard de la société. Partager des témoignages, des chiffres et des initiatives positives permet de mobiliser davantage de personnes pour cette cause.
Le combat contre le sans-abrisme nécessite un engagement citoyen pour faire évoluer les politiques publiques et défendre le droit au logement. Chaque geste compte pour aider les personnes sans-abri à retrouver leur place dans la société et leur permettre d’être seulement de passage dans cette épreuve.

