Au cœur de Lyon et de la région Auvergne Rhône-Alpes, la barrière de la langue reste un obstacle majeur pour l’intégration de milliers de personnes.

La maîtrise du français est souvent la première étape vers l’autonomie, l’emploi, l’accès aux droits, la vie sociale… Mais encore faut-il l’apprendre.

Chaque année, une majorité de primo-arrivants en France se voit prescrire une formation linguistique pour répondre aux exigences du Contrat d’intégration républicaine (CIR).

Pourtant, malgré la demande en formation, l’offre peine à couvrir les besoins croissants, laissant de nombreux publics vulnérables en marge de l’intégration.



Passagers de la halte de nuit
Photo de Nicola Vigilanti

Une demande en formation linguistique croissance, une offre fragmentée

La région Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième territoire d’accueil des étrangers en France après l’Île-de-France, concentre des besoins linguistiques massifs et diversifiés. En 2024, 11 700 personnes ont signé un Contrat d’intégration républicaine (CIR) dans la région, dont près de 50 % nécessitent un apprentissage du français.

À Lyon et dans le Rhône, où 176 000 étrangers résident, cette demande est particulièrement aiguë. Entre 10 000 et 30 000 personnes, tous statuts confondus, éprouvent des difficultés liées à la maîtrise de la langue.

On dénombre aujourd’hui 3 objectifs principaux à l’apprentissage du français :

  • L’obtention de certifications de langue pour des raisons administratives telles que l’accès à un titre de séjour
  • L’insertion sociale : vie quotidienne, loisirs, culture…
  • L’insertion professionnelle

La réforme de 2026, qui conditionne l’obtention de certains titres de séjour à un niveau A2 ou B1 en français, risque d’accentuer ces tensions. La barrière de la langue devient ainsi un enjeu de survie pour des publics déjà fragilisés.

Les acteurs du social sont donc entrés dans une nouvelle logique. Au Foyer comme chez ses confrères, il faut absolument, pour les passagers et passagères encore non régularisés, avoir une preuve « papier » et certifiante de leur niveau de langue française

Malgré le besoin de première nécessité que représente cette formation linguistique, l’offre actuelle, souffre de limites structurelles. Portée par l’OFII, les collectivités locales et un tissu associatif dynamique, les solutions restent trop faibles, trop difficiles d’accès (fracture numérique) et fragmentées, avec des parcours discontinus et une répartition inégale sur le territoire. Les délais d’accès aux formations s’allongent, tandis que les freins sociaux – garde d’enfants, mobilité, précarité numérique – éloignent encore plus les publics précaires de l’accès à l’apprentissage.



Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri : un acteur clé pour l’inclusion linguistique

Face à ce constat, Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri a lancé en 2024 un programme dédié à l’apprentissage du français, s’appuyant sur une approche personnalisée et inclusive.

Son objectif ? Permettre à chaque Passager – homme, femme ou enfant accompagné – de progresser à son rythme, en fonction de ses besoins et de son projet de vie.

Pour garantir la qualité de son offre, Le Foyer s’appuie sur une communauté de 30 bénévoles, animée par une administratrice Référente du Foyer.

Ces derniers bénéficient :

  • de temps de rencontres pour partager leurs bonnes pratiques et construire des supports sur la base de leurs expériences,
  • d’un espace ressources,
  • d’un accompagnement régulier, en collaboration avec des structures partenaires spécialisées comme Écrit69.

En 2025, ce dispositif a permis d’accompagner une cinquantaine d’apprenants sur 17 sites du Foyer.

Ali bénévole au Foyer, donne un cours de français langue étrangère à une résidente d'un centre d'hébergement
Ali est bénévole, il donne un cours de français langue étrangère à une résidente d’un centre d’hébergement du Foyer.

Au sein de cette Communauté, des bénévoles, se tiennent disponibles afin d’évaluer le niveau de langue des personnes. Ils constituent l’équipe « Évaluation » ou « Diagnostic », dont la mission est de réaliser un premier positionnement linguistique avant d’orienter plus précisément l’accompagnement en fonction des niveaux identifiés.

Le Foyer propose des ateliers variés, adaptés à tous les niveaux :





Agir ensemble pour l’intégration

Malgré les avancées, les défis restent immenses. Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri appelle à la mobilisation : chaque citoyen peut contribuer à briser la barrière de la langue en rejoignant sa communauté de bénévoles. Une manière concrète de s’engager pour l’intégration et la dignité des personnes en précarité.



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